Les grandes étapes
- Depuis des siècles
Les combats du Siam
Dans les rizières du Siam, l'actuelle Thaïlande, on capture les mâles sauvages pour les faire s'affronter. On les appelle « pla kat », le poisson qui mord. Les éleveurs sélectionnent déjà les plus combatifs : ce sont les ancêtres des Plakat d'aujourd'hui.
- 1840
Un cadeau royal
Selon le récit le plus souvent cité, le roi de Siam offre quelques-uns de ses poissons à Theodore Cantor, médecin britannique en poste en Asie. Cantor les décrit quelques années plus tard sous le nom de Macropodus pugnax.
- Fin du XIXe siècle
L'arrivée en Europe
Les premiers combattants arrivent en France puis en Allemagne. Les aquariophiles européens découvrent ce poisson qui respire l'air et construit un nid de bulles.
- 1910
Le nom de Betta splendens
Le zoologiste Charles Tate Regan, du British Museum, constate que le nom « pugnax » désigne déjà une autre espèce. Il rebaptise le combattant Betta splendens : « splendens » signifie brillant, éclatant.
- Début du XXe siècle
Les longues nageoires
Le combattant gagne les États-Unis. Les éleveurs ne cherchent plus des combattants mais de la beauté : les nageoires s'allongent, c'est la naissance du Veil Tail, longtemps la forme la plus répandue.
- Années 1960
Les concours s'organisent
Naissance de l'International Betta Congress (IBC) aux États-Unis. Ses standards de jugement servent encore de référence dans le monde entier.
- Années 1980–1990
Halfmoon et Crowntail
Des éleveurs américains obtiennent la caudale en demi-cercle parfait, le Halfmoon. Puis, à la fin des années 1990, un éleveur indonésien présente le Crowntail, aux rayons hérissés en couronne.
- 2019
Animal national de Thaïlande
La Thaïlande fait du Betta splendens son animal aquatique national. L'élevage y fait vivre de nombreuses familles, qui exportent dans le monde entier.

D'où viennent ses noms ?
Betta
Le nom du genre viendrait du malais « ikan bettah », un nom local de ces poissons.
splendens
Du latin : brillant, éclatant. Un clin d'œil aux reflets irisés des mâles.
Combattant siamois
Le Siam est l'ancien nom de la Thaïlande. En thaï, on l'appelle toujours « pla kat ».
Et aujourd'hui ?
Du combat à la beauté
Les combats de poissons subsistent localement, mais ils sont réprouvés et souvent interdits. L'élevage moderne vise la couleur, la forme et la santé : les concours jugent la beauté, jamais la combativité.
Ne mettez jamais deux mâles ensemble, ni face à face trop longtemps : le stress les épuise.
Une espèce menacée dans la nature
Paradoxe : alors que des millions de combattants vivent en aquarium, la forme sauvage est classée vulnérable par l'UICN. Les rizières disparaissent ou sont traitées aux pesticides, et les poissons d'élevage relâchés se croisent avec les sauvages.